Le Seigneur des Anneaux RPG : L'Âge des Héros

    [Quete artefact] La Croisée des Destins.

    Partagez

    Numenil

    Masculin Date de naissance : 05/03/1989
    Date d'inscription : 14/10/2014
    Age : 27
    Messages : 153
    Localisation : Bordeaux la magnifique.

    Feuille de personnage
    Pièces: 930 PO
    Équipement:
    Armée recrutée:

    [Quete artefact] La Croisée des Destins.

    Message par Numenil le Mer 5 Nov - 16:19

    HRP/

    Quête d'artefact pour obtenir les fragments de Gurthang. Thranduil est au courant.

    Je pose le RP ici "par défaut". L'action commençant à Amon Sul mais Gurthang étant à Tol Morwen, au large des havres gris, ca me semble approprier.

    361 lignes trouver sous open office.

    /HRP.



    Il faisait sombre. Pas ce noir habituel de la nuit, plutôt l’obscurité crasse des jours ou des nuages trop gris recouvre le monde. Il se trouvait sur un promontoire. En contrebas, une armée en affronter une autre. Des Elfes combattaient un ennemi trop grand en nombre. Malgré tout ils tenaient bon, vaillamment.

    C’est alors qu’il le vit. Un vers immense. Un dragon sans aile, fléau des temps, abomination de la nature. Il fondit sur l’armée des elfes comme un serpent suivant sa proie et attaqua. L’armée fut massacrée en quelques minutes. Alors le monstre géant s’élança en avant, écrasant les corps sous sa masse, en direction d’un pont menant à une cité souterraine. Une horde d’orque le suivait, vociférant et fêtant le massacre à venir.

    Puis il se réveilla, haletant et en sueur. Le cadre changea soudainement, il n’était plus sur un promontoire mais dans son lit. Il faisait bon et une ombre été pencher sur la cheminée. Elle se redressa, regardant l’homme tout juste réveiller.

    « Pardonnez-moi messire. Il fait grand froid. Je venais juste entretenir votre feu. »

    C’était Alban, l’intendant personnel de Numenil. Il comprit soudain : Il se trouvait dans sa propre chambre, en sécurité, au cœur d’Amon Rochben. Cela n’avait été qu’un songe. Toujours ce même songe qui revenait de façon régulière depuis des semaines. Le Dunadan s’essuya le front et soupira.

    « N’ait crainte Alban. C’est un mauvais rêve et non tes bons services qui me chassèrent du pays des songes. C’est comme si l’on essayer de m’envoyer un message mais je n’avais pas la clef pour le comprendre. Tant pis pour ma nuit, le repos ne viendra plus. Serait-ce abusé que de t’envoyer quérir de quoi manger et boire ? Puis de me le portée au poste de guet ? »

    Alban fit une révérence. Il faisait partie de ceux reconnaissant la famille de Numenil comme des descendants de Manwendil. Aussi se sentait-il honorait dès que celui qu’il considérait comme l’un des Princes d’Arnor lui faisait la moindre requête. Néanmoins avant de partir, il aida le commandant de la forteresse d’Amon Sûl à s’habiller puis il lui tendit un manteau épais. Il était noir comme la nuit mais les armes de l’Arnor y était brodé d’or et d’argent.
    Numenil se saisit de son épée et en ceintura le fourreau. Jamais il n’apparaissait en publique sans l’avoir à son flanc. C’était un symbole, un message qu’il désirait envoyer à ses hommes : Si lui-même se tenait toujours près, il attendait de chacun qu’il fasse de même.

    Alors Alban lui ouvrit la porte et il sortit de ses quartiers. Dès que ce fut fait, la fraicheur des pierres l’envahi et il referma son manteau. Alban entreprit de descendre l’escalier en direction des cuisines. Numenil, lui, se dirigea vers l’escalier qui menait au sommet de la tour, au poste de guet. Alors qu’il exécutait son ascension, le froid mordant le saisit plus encore. Il abaissa sa capuche sur sa tête et, saisissant ses gants dans sa poche, les mit. Le brouhaha des discutions commençait à l’atteindre. Il savait ce qu’il trouverait : Huit gardes. Quatre serait en train d’observer dans la direction des quatre points cardinaux. Les autres, eux, serait attabler, jouant aux cartes, lisant, parfois même jouant de la musique et chantant. Et ils se relayaient tour à tour, faisant en sorte que le guetteur soit toujours parfaitement frais et dispos. Il y avait également des guetteurs plus bas. Au niveau des murs du fort. Puis encore d’autres, sur la ceinture de rempart en bas de la colline.

    Lorsque le capitaine fit irruption dans le poste de guet, les quatre gardes au repos se levèrent soudainement pour se mettre au garde à vous. Le commandant les stoppa en plein mouvement, leur faisant signe de se rassoir.

    « Bonsoir messieurs. Rien à signaler ? »

    « Négatif capitaine. La nuit nuitoie, la lune lunoie et les ombres ombroient ! Mais par ce temps, un Balrog pourrait être en marche depuis les landes d’Etten que nous ne le verrions pas avant l’aurore, je le crains. »

    En effet un épais brouillard avait envahi la région. Le poste de guet se trouvait au sommet du donjon d’Amon Rochben et le fort lui-même se trouvait sur le plus haut sommet des collines du vent. Ainsi donc, à cette hauteur, ils pouvaient voir par-dessus le brouillard. Mais si l’on baissait les yeux, on se rendait compte que la colline d’Amon Sûl et le fort lui-même était baigné dans la brume. Au niveau de la ceinture de rempart interdisant l’accès à la colline, on ne devait pas voir à cinq mètres. Cela signifier que la garde été doublé pour la nuit et que les hommes seraient plus méfiant que jamais. Néanmoins l’ancien rôdeur ne se faisait guère de soucis : La fin de journée avait été claire et si une troupe s’était trouvée assez proche pour marcher sur Amon Rochben dans la nuit, elle aurait été vu bien avant que le soleil ne se couche.

    Les gardes reprirent leurs occupations, ignorant le Dunadan. Le poste de guet était l’un de ses lieux favoris et il était très connu au sein de la garnison que le capitaine s’y rendait souvent la nuit quand il n’arrivait pas à dormir. Il s’imposait même lui-même de prendre un tour de garde régulièrement, « afin de ne pas me ramollir » comme il le disait lui-même. Il s’entrainait également souvent avec la troupe, acceptant sans colère lorsqu’il prenait un mauvais coup. Il montrait l’exemple en toute chose et ne demandait jamais quelque chose qu’il n’était pas lui-même prêt à faire. Et pour cela les hommes l’aimaient et lui voué une loyauté sans faille, presque un culte pour certains.

    Le regard braqué vers le nord, Numenil se perdit dans sa pensée. Les soldats autours de lui semblèrent disparaitre. La forteresse elle-même ne lui sembla être qu’une lointaine présence alors que son esprit divaguait aux confins du monde et du temps. Il eut l’impression de voyager à grande vitesse en direction de l’ouest. Les terres défilèrent plus ce fut la cote, l’océan ! Puis enfin une île au centre de laquelle se trouvait un antique monument au mort.

    Et alors que Numenil voyait la pierre tombale, une voix résonna, une voix dont il ne pouvait dire s’il l’imaginait, s’il l’entendait vraiment ou si elle résonnait simplement dans ses oreilles. « Je suis réveillée. La guerre est à ta porte et je veux ma part. Je veux la mort et le sang ! » La voix été glacial, emprunte de malice. Un sentiment de vertige envahi Numenil et il eut l’impression de tomber, de tomber encore…

    « Voilà votre collation, capitaine ! »

    La voix d’Alban le tira de cet étrange rêve éveiller et il sursauta presque. L’intendant portait un vaste plateau sur lequel étaient posé des chopes, une grosse miche de pain, un pichet d’hypocras ainsi que plusieurs saucissons. Il avait apporté de quoi rassasier la dizaine de personnes présente, sachant combien Numenil détestait manger devant ses hommes sans leur proposer d’en faire autant. L’arrivée de l’intendant créa comme une certaine chaleur, tous furent heureux de ce petit surplus sur la ration habituelle. L’hypocras leur réchauffa le corps et le cœur et la nourriture leur redonna des forces. Les organismes été mis à rude épreuve par le froid et si une bonne partie de la garnison été composer d’authentique rôdeur habituer à vivre par ce temps, l’autre part n’était composer que de volontaire n’ayant encore jamais véritablement affronté les conditions de la dure vie de soldat. Des gens sans expérience dont il faudrait faire de véritables guerriers, prêt à tuer et à survivre le moment venu.

    Après cet entracte, Numenil reprit sa veille silencieuse. La vision ne revint pas mais elle hantait ses songes. L’endroit qu’il avait vu lui disait quelque chose sans qu’il ne sache quoi exactement. Pourquoi il ressentait le besoin irrépressible de s’y rendre, comme si le destin du monde lui-même en dépendait. Et cette voix ? Elle lui avait glacé les sangs. Au bout de quelques heures ou il était resté presque immobile, il se secoua, salua les hommes présents et se retira, regagnant ses quartiers.

    Le rêve ne revint pas cette nuit-là et il put profiter de quelques heures de repos. Le matin arriva et le soleil chassa la brume de ses rayons, inondant le monde de chaleur comme un ange apportant le paradis après une éternité d’enfer. Celui que l’on surnommer désormais « le Chevalier » se réveilla automatiquement, son horloge interne forgé par des décennies de vie ou il fallait se lever aux aurores. Alban entra presque aussitôt, en une habitude bien huilée, apportant l’eau chaude pour la toilette.

    Numenil se rasa, taillant sa barbe avec une discipline toute militaire : Elle était parfaitement égale sur tout le contour de son visage. Puis il termina sa toilette et enfila ses vêtements. Par-dessus sa chère tenue de rôdeur il enfila une cotte de maille légère. Ce n’était pas vraiment utile mais le poids du vêtement protecteur, porté à longueur de journée, aidait à le maintenir en forme. Et celui ajoutait à l’image qu’il voulait renvoyer : Celle d’un guerrier toujours prêt à en découdre.
    Après avoir ajusté la cotte, il saisit sa ceinture et la boucla autours de sa taille. Il l’ajusta : Son fourreau d’épée bien à sa place sur son flanc gauche, le fourreau de sa dague dans son dos, là ou-il été simple de la saisir de la main gauche tout en ayant l’épée dans la droite. Même ici, même derrière les murs épais d’Amon Rochben, même avec plusieurs centaines d’hommes à son service personnel l’entourant, il ne commençait à se sentir en sécurité qu’à ce moment-là. Il n’y avait que le poids habituel et rassurant de ses armes pour maintenir sa garde à un niveau assez bas pour ne pas sombrer dans la plus complète paranoïa.D’ailleurs le capitaine se demandait bien si cette sensation le quitterait un jour.

    Enfin prêt à apparaitre en publique, il quitta les lieux, son intendant sur les talons. Il ne remarqua qu’à ce moment-là que l’on pouvait entendre, montant de la cour intérieur, les bruits caractéristiques de deux épées s’entrechoquant. Mais les cliquetis étaient irréguliers et nombreux, comme chanter en canon. Cela fit sourire le Dunadan : Sa troupe n’avait attendu ni le soleil ni le réveil de son capitaine pour se mettre au travail. Plusieurs de ses soldats devaient s’être réuni en duo et avait commencé l’entrainement avant même que la nuit ne se retire.

    Numenil arriva dans la cour intérieure. Effectivement, une vingtaine d’hommes se combattait, enchainant passe et parade, sous le regard intransigeant de Roramon qui prodiguer ses sages conseils. Elendur été de ceux en train de s’entrainer et Numenil resta quelques secondes à évaluer son jeune frère. Il se débrouiller plutôt bien. Mais des progrès été encore à faire. Sur cette pensée, le chef des lieux se dirigeant vers le réfectoire et prit son petit déjeuner dans la salle commune, en compagnie de ses hommes. Il prit des nouvelles de chacun, taquinant l’un de ses soldats qui, profitant une permission, avait attrapé la vérole dans un bordel à Bree. Tout ceux présent rires de bon cœur, y compris le malade. Tout cela semblait fort naturel au « Chevalier » et il ne se rendait pas même compte de la loyauté inébranlable, presque de l’amour, que lui vouait sa troupe. Aurait-il demandé des volontaires pour le suivre dans les flammes de l’Orodred même qu’ils auraient tous répondu présent, certains que lui-même n’en aurait pas faits moins.

    Il s’attarda un peu dans le réfectoire mais au final, il regagna son bureau et entreprit d’expédier les affaires courantes dans la matinée, histoire de pouvoir se joindre aux bretteurs de l’après-midi pour voir maintenir son niveau à l’épée. Mais alors que midi approcher, on toqua à la porte. C’était un sergent.

    « ‘ Mande pardon mon capitaine. Nous avons du monde à la porte. Un trio de hobbits qui veulent vous voir ! Dois-je les renvoyer d’où ils viennent ? »

    A l’évocation  de trois hobbits, un sourire illumina le visage du rôdeur. Car il était certain de leur identité : Il ne pouvait y avoir qu’un seul trio pour avoir l’audace de venir demander audience à la porte même du fort.

    « Nullement ! Ces trois-là seraient assez fou pour tenter un siège. Et surtout ils sont des amis d’Amon Rochben et y sont la bienvenue, de jour comme de nuit. Je descends les accueillir moi-même. »

    Sur ces mots, il se leva et se dirigea aussitôt vers le niveau le plus bas des défenses d’Amon Sûl : Le rempart construit autour de la colline et ceinturer d’une douve.

    Finalement le pont levis descendit, ouvrant les portes de la place. Lorsqu’il vit le visage des trois cousins Tooks, Numenil laissa voir sa joie et se dirigea vers eux d’un pas vif.

    « Mes amis hobbits ! Bienvenue à Amon Rochben. Bienvenue chez vous ! »

    Il s’agenouilla à leur hauteur, les prenants tout trois dans ses bras en un geste sincère. Tobias, comme toujours, prit le premier la parole.

    « Et bien messire Fume Pipe ! Nous avions ouïe dire que vous vous étiez fait construire un fortin pour y prendre garnison. Mais de hauteur de Hobbit, cela ressemble fort à une citadelle ! Êtes-vous le seigneur des lieux ? »

    « Je suis ce qui s’en rapproche le plus, du moins, cher Tobias. Mais ne restons pas ici, venez ! »

    Et il mena le groupe jusqu’à ses quartiers privée. Les Hobbits ne rechignèrent pas lorsqu’il fallut monter les nombreux escaliers. Ils avaient l’habitude des longues marches et leur endurance été encore presque intact. Une fois tout quatre retranchée dans les appartements de Numenil, ils s’installèrent avec chacun un pot de bière.

    « Alors, que me vaut la visite des Tooks ? La dernière fois que vous êtes venu me voir, la lame de mon épée à rétrécit de dix bons centimètre ! »

    Ils sourirent à l’évocation de cette aventure puis Tobias, éternel chef de groupe, se lança.

    « Et bien d’abord, nous désirions voir ou vous viviez. Et j’avoue que l’endroit me plait. Il est comme vous : Solide et confiant. Et non dénié d’un certain charme. Et c’est la sans doute l’une des places les plus surs de cette partie du monde. Mais bien sûr, le tourisme n’était que secondaire. Nous sommes venu vous évitez de devenir mollasson dans votre beau château. Nous partons pour une nouvelle aventure et nous requérons expressément votre présence ! »

    Numenil prit un air grave et, pendant une seconde, les hobbits revirent le visage du rôdeur crasseux et mal rasé de Bree. Il tira sa pipe d’un tiroir et, l’allumant, en tira une longue bouffée.

    « Voilà qui ne me surprends guère, je vous l’avoue. En vérité j’aurais cru avoir de vos nouvelles plus vites encore. Hélas j’ai désormais des responsabilités ici qui m’interdise de partir courir le monde et chasser le troll à l’envie. »

    Et il disait cela à regrets sincère car, si son nouveau statut de « commandant de place forte » été la preuve absolue que le retour des Dunedain du nord été amorcer, la liberté qui avait était la sienne autrefois lui manquait souvent. Ce fut Hamfast qui répondit.

    « Nulle question de troll, ici ! En vérité, j’ai dit à ces deux-là que vous ne pourriez venir. Surtout pas pour un voyage aussi trivial que celui que nous envisageons : J’ai récemment étudié les Lais du Beleriand et je désirais voir les rares iles, vestiges de cette partie du monde désormais perdue. Il n’y a nul danger ici et les deux Tooks que voilà y ont vu l’occasion de s’offrir une croisière ! Les hobbits marins sont rare, si ce n’est inexistant, alors il fallait que nous soyons les premiers. En vérité, la plus grande difficulté sera de trouver un bateau. »

    Et il rit de bon cœur, comme pour s’excuser d’être venu déranger le rôdeur pour si peu. Pourtant, la mine de ce dernier avait changé du tout au tout : Il s’était enfoncé dans son fauteuil, tirant sur sa pipe et se parlant à lui-même, méditant les propos d’Hamfast.

    « Un voyage en mer… Dans l’ouest, vers les iles… »

    Et soudain ses rêves récurrents prirent un tout autre sens. Ce pouvait-il qu’ils avaient été une sorte de message ? L’avertissement qu’il devait suivre les hobbits ? Néanmoins la guerre été proche et il devait désormais assurer la sécurité de la région.

    « Il me faut réfléchir, mes bons amis. Vous êtes mes hôtes. Passons la journée ensemble, je vais vous faire visiter ma nouvelle demeure. Ce soir, vous dormirez à Amon Rochben et demain, demain je vous direz si nous partons pour une nouvelle aventure ensembles… Ou si cela ne se peut. En tous les cas votre projet est pour le moins… Surprenant. Vraiment surprenant. »

    Il n’en révéla pas plus à ses trois compères et les invita à le suivre. Il leur fit visiter le château, les présentant à ses principaux subalternes. Les Hobbits font de joyeux compagnons et ils n’eurent aucun mal à se faire accepter de la troupe si bien que, lorsque l’heure du repas vint, ils finirent rapidement debout sur une table à chanter une de leurs fameuses chansons tout en dansant.

    Le soir, ils passèrent beaucoup de temps à discuter avec ceux qui n’était pas de garde. Ils en vinrent à raconter leur rencontre avec Numenil et la fameuse « chasse au troll ». Ce récit fit forte impression chez les soldats d’Arnor et il les éclaira également un peu : Ceux ayant déjà vu les quartiers du Capitaine disais que, derrière son bureau, été suspendu en décoration une épée mi- longue dont la lame été brisée dix bon centimètre avant la pointe. Ils venaient donc de découvrir l’histoire de cette fameuse épée. Et l’idée que leur capitaine avait osé braver seul un Troll, et qu’il avait réussi à en sortir vivant, ne fit que renforcer leur confiance en la renaissance du royaume.

    Le capitaine de la place lui ne passa pas la soirée avec ses trois amis. Assez tôt après le diner il quitta le réfectoire et s’isola, marchant le long des remparts du fort. L’arrivée impromptue de ses trois amis l’aurait fait sourire en temps normal mais leu dessein été, en plus d’être étrange pour des hobbits, apte à soulever le doute dans le cœur du rôdeur. Les rêves qu’il faisait depuis des semaines avaient trouvé un sens nouveau lorsque les Tooks avaient parlé de leur projet de navigation. Numenil en été persuader, c’était la côte ouest qu’il voyait en rêve et, au-delà, la grande mer et l’ile de Tol Morwen. Pourquoi la vision de cet endroit l’avait assaillis durant si longtemps pour s’entendre finalement dire que trois aventuriers désiré son aide pour naviguer jusque-là ? N’était-ce que le fruit du hasard ou bien une volonté d’une quelconque force supérieur de lui faire comprendre que son destin été de suivre cette trace ?

    Seulement il faudrait aller jusqu’au Havre Gris quérir un bateau auprès des elfes pour rallier l’ile. Rien que le chemin jusqu’à Mithlond prendrait au moins dix jours. Il faudrait ensuite prendre la mer, puis revenir… Le descendant de Manwendil savait que s’il partait, ce serait au moins pour un bon mois. Avait-il le droit moral de perdre un mois dans une quête toute personnelle alors que la guerre éclaterait peut être durant son absence ?  C’était la question à laquelle il cherchait une réponse lorsque Roramon vint le trouver.

    « Holà Capitaine, mon ami. Je t’ai vu quitter le réfectoire le regard plein de doute et je viens m’enquérir de ce qui obscurcit ta joie. Faut-il faire jeter les semi hommes dehors ? »

    « Non point. Il se pourrait qu’ils soient porteurs de destin. Mais ils sont aussi porteurs de doute. Ils requièrent mon aide pour un voyage. Si j’accepte, je serais absent de longues semaines et je n’arrive pas à m’y résoudre. Pourtant une partie de moi me dit que c’est là ce que Manwé lui-même désire me voir faire. Je suis au carrefour de mon destin et j’ai peur qu’un mauvais choix dans la direction ne précipite des choses que je ne saurais arrêter ensuite. »

    Alors il lui raconta ses rêves, étranges visions qu’il ne comprenait pas jusqu’à cet instant. Roramon, son second en tout, l’écouta patiemment et lui fit cette réponse :

    « Toi qui fut autrefois comme un frère. Toi qui es désormais mon capitaine, écoute mon conseil : Va. Je tiendrais la place en ton nom et me montrerais digne de tes légendes. Depuis longtemps déjà j’ai la certitude que ton destin est à nul autre comparable, si ce n’est à celui d’Aragorn lui-même. Si tu ne suis pas ton instinct, à jamais tu te demanderas ce qui aurait pu arriver si tu étais parti pour cette quête. Le doute sera présent et il sera comme un nuage noir dans ton esprit qui te précipitera au fond de l’abysse. Nous sommes des Dunedain et par la volonté du temps nous sommes devenus des rôdeurs. Alors va, rôdeur, découvre ce que le monde attend de toi. Cela sera peut-être la dernière fois de ta vie que tu le pourras alors… Va rôder ! »

    Et c’est ainsi que Numenil fut convaincu. Le soir même il rédigea ses ordres et les laissa à Roramon, qui prendrait le commandement de la place dès le lendemain. Les hobbits sautèrent de joie lorsque le Dunadan confirma qu’il viendrait avec eux.

    « Nous partirons dès demain pour Mithlond. J’espère pour vous que vous aurez des arguments pour convaincre Cirdan de nous laisser une embarcation ! »

    A ces mots, la mine des hobbits fut déconfite. Ils n’avaient visiblement pas un seul instant pensé à cela. Numenil éclata de rire et partit se coucher, les laissant dans le doute.

    Ils partirent le lendemain en fin de matinée. Les semi hommes été venu avec leur propre poneys et Numenil les mena donc sur son cheval. La route n’avait rien d’extraordinaire : Ils suivraient la Grande Route de l’Est en direction de l’ouest, jusqu’au Golfe de la lune et Mithlond, connu aussi sous le nom de Havre Gris. Ils avaient prévu leur première halte à Bree et ils y arrivèrent alors que la nuit été déjà tombé. Les portes été closes et Numenil y frappa. Une petite trappe s’ouvrit, révélant le gardien. Alors le rôdeur lui parla en ces mots.

    « Nous sommes quatre. Moi-même et trois hobbits. Veuillez nous ouvrir, nous désirons passer la nuit au Poney Fringant. Pourriez-vous ouvrir ? »

    Le gardien reconnu sans mal le Dunadan. Fume Pipe été une figure connu à Bree, à l’instar de Grand Pas. Sauf qu’il n’était désormais plus un simple rôdeur mais le commandant de la place forte à l’est. Et l’on savait à Bree que depuis la construction du fort, les patrouilles d’hommes en arme que Numenil avait instaurée dans la proche région avait grandement fait baisser les actes de vandalismes et de banditisme. Aussi, s’il lui venait l’idée de revenir à Bree dans son costume de simple vagabond, il été la bienvenue.

    La porte s’ouvrit donc prestement et les quatre amis défilèrent. Lorsque Numenil passa devant le gardien, celui-ci lui fit une révérence. Les hobbits sourirent à cette vue estimant qu’après tout, c’était bien là le minimum pour saluer un homme d’aussi haut lignage et d’aussi noble vertu.

    Ils passèrent une soirée tranquille à Bree et repartirent dès le lendemain. Ils passèrent les frontières de la Comté et les regards se firent rond alors qu’ils longeaient Stock, Lezeau et Grand ’Cave au fil des jours.

    Puis ils entrèrent enfin dans les marches de l’Ouest, signe que la côte n’était plus très loin. Numenil insista pour qu’ils s’arrêtent quelques heures au niveau d’Emyn Beraid, visitant les ruines d’Elostirion. Il raconta à ses trois comparses comment Gil-Galad avait fait construire ces tours en hommage à Elendil, son ami. Il expliqua également, pour Hamfast le sage, qu’ici se trouvait l’un des Palantir aux temps jadis. Sa voix été charger de nostalgie et les semi hommes écoutèrent avec respect. L’excitation commença également à monter à partir d’ici. En effet, depuis les hauteurs, on pouvait deviner la mer sur l’horizon.

    Ils ne tardèrent plus à atteindre Mithlond, les Havres Gris. L’un des derniers bastions des Elfes, ultime lieu d’embarquement pour tous ceux qui retourner à l’Ouest, aux terres immortelles. Le port était magnifique, comme l’on pouvait s’y attendre. Les bâtiments été couvert de gravures et de sculptures raffinées, véritables ravissements pour les yeux.

    Ils s’avancèrent dans le port sans être inquiéter. Mais Numenil savait que des yeux vigilants été braquer sur eux. Ils arrivèrent sur les quais et un elfe visiblement très vieux et barbu, ce qui surprit beaucoup les hobbits, se tenait là. Numenil descendit de son cheval et s’approcha de lui.

    « Bien le bonjour à toi Cirdan. Puis-je te parler ? »

    L’elfe sembla prendre quelques instants pour jauger le nouvel arrivant puis il répondit.

    « Je t’en prie, Dunadan. Dis-moi, quel est ton nom car bien que je ne te connaisse pas, tu me semble familier. »

    « Je suis Numenil, fils de Pelendrir. Je ne crois pas que nous nous ne soyons jamais rencontré mais j’ai une requête à te soumettre. »

    Lorsqu’il entendit son nom, Cirdan eut une réaction indéfinissable. Numenil le remarqua mais n’y prêta pas trop d’attention, sachant d’expérience qu’il est vain d’essayer de deviner les pensées des elfes.

    « Voilà pourquoi tu m’es familier. Je connais ta famille. J’ai connu ton père et tous les Pelendrir qui vinrent avant lui. Ainsi donc une nouvelle fois me voilà en affaire avec ton sang. C’est un navire qu’il te faut, n’est-ce pas ? Sans quoi ce n’est pas Cirdan le Charpentier que tu serais venu voir. Alors dis-moi pourquoi il te faut prendre la mer. »

    Ils s’isolèrent tout deux et eurent une grande discussion. Le Dunadan décida de ne rien cacher à Cirdan et lui il raconta par le menu ses mauvais rêves, le doute qui le rongeait et la venue des Hobbits. L’elfe parut soucieux lorsqu’il comprit que le rôdeur désirait accoster à Tol Morwen. Il conseilla au capitaine de faire demi-tour, expliquant qu’un elfe avait lui-même pris la mer récemment pour l’ile et qu’une tempête s’était soudain lever, comme si Manwé ne désirait pas que l’on approche l’illustre lieu. L’homme lui répondit que s’il rebroussait chemin, maintenant qu’il avait posé les yeux sur la mer que ses ancêtres avaient jadis tant parcourue, jamais il ne s’en remettrait. Le doute habiterait son cœur pour le reste de sa vie et le ferait plonger dans des ténèbres de tourments. Ils discutèrent ainsi deux heures durant et finalement, Cirdan accepta.

    Il leur confia une petit embarcation qu’ils n’auraient pas de mal à manœuvrer à quatre. Ils y chargèrent leurs provisions et levèrent aussitôt l’ancre.

    A peine se furent-ils éloigner du port qu’une brise se leva soudain et vint souffler dans leurs voiles, les propulsant à bonne vitesse vers l’Ouest. Le cœur de Numenil se ragaillardit à cet instant et il sut qu’il avait fait le bon choix : Manwé lui-même faisait souffler le vent pour leur accorder un court périple.

    Cela été très important pour le rôdeur. De tout temps sa famille avait révéré  le Vala. Le nom même de Manwendil voulait dire « Dévoué à Manwé » en Quenya et cette dévotion été reste forte chez sa descendance. Le temps et le vent resta idéal durant les jours qu’ils leurs fallut pour atteindre la célèbre ile.

    Ils y accostèrent sur une petite plage et remarquèrent assez vite qu’un autre bateau été présent. Il avait été tiré de l’eau et cacher dans les arbres. Cela devait être l’elfe dont avait parlé Cirdan. Hamfast n’était plus qu’un gamin alors qu’il prenait le sable dans ses mains.

    « Le Beleriand ! Nous sommes sur les terres du Beleriand ! Je n’ose y croire. Il faut faire le tour de l’ile ! Je veux en voir chaque centimètre ! »

    « Faites donc maître Hamfast. Restez ensemble, tout trois. Visiter l’endroit à votre guise mais avec respect car cette ile est un mémorial à elle seule. Je vous retrouverez plus tard, j’ai à faire. »

    Et une ombre passa sur le groupe car le Dunadan avait le regard braqué sur le sommet de l’ile. Une crainte avait envahi son cœur et il sut désormais pourquoi il été venu. Une envie irrépressible d’aller voir la tombe de Turin Turambar l’avait prise et, sans même attendre la réponse des hobbits, il se mit en route.

    Il n’était jamais venu. Pourtant il avait tant rêvé de l’endroit qu’il lui semblait le connaitre parfaitement et ses pas n’hésitèrent jamais. Au bout de quelques heures il rejoint le sommet, là où se trouvait la Pierre des Infortunés, stèle funéraire de Turin Turambar et Morwen, sa mère. Alors qu’il se tenait à une vingtaine de mettre de l’endroit, tapis dans un bosquet, un étrange spectacle eut lieu sous ses yeux : Deux hommes été visiblement en train de creuser sous la Pierre, sous le regard d’un grand Elfe aux cheveux noirs. Ils finirent par en sortir deux objets et Numenil se déplaça afin de pouvoir voir ce qu’ils avaient pris. Son sang se glaça lorsqu’il comprit :

    Ce n’était pas deux objets qu’ils avaient pris mais une épée brisée en son centre. Elle devait faire la taille d’une épée à deux mains. Sa lame brisé été d’un noir de jais mais le fil semblait être lui plutôt dorée, comme brillant de sa propre lueur. Numenil comprit sans aucun doute. Il s’agissait d’Anglachel, l’épée que Turin avait posséder et renommée Gurthang. Le rôdeur se sentit écraser par le poids du destin. L’ile été resté déserte et ce sanctuaire inviolé pendant plus d’un âge. Quel caprice de l’univers l’avait envoyé ici très exactement à cet instant, pour qu’il voie de ses yeux la scène ?

    L’Elfe était étrange. Il n’était pas calme et courtois comme ceux de son peuple mais semblait excessivement nerveux, comme un enfant qui ne se dépense pas assez. Il prit la lame brisée des mains de ceux qui semblait être ses serviteurs et regarda en toute direction, comme s’il craignait qu’on ne le voie. Lorsque son regard fut dans la direction de Numenil, ce dernier comprit que quelque chose n’aller pas. Il y avait comme une folie dans le regard de l’Elfe. Alors le rôdeur saisit son arc, encocha une flèche et sortit de son couvert, interpellant le groupe assez fort pour être entendu.

    « Salutation, amis ! Puis-je savoir ce que vous faites ici, à profaner la tombe d’un homme plus grand que nous tous réuni ? »

    Les trois firent volteface en sursautant. Jamais ils n’auraient cru voir quelqu’un ici. L’elfe prit la parole.

    « Ce ne sont pas tes affaires, humain ! Cette épée fut forger par les miens et je compte la leur rendre. »

    Les yeux de l’elfe affirmaient le contraire. Il voulait l’arme pour lui et toute volonté altruiste l’avait quitté depuis longtemps. La situation été tendu. Le rôdeur estima la distance. Si les trois venaient à charger, il aurait le temps de tirer sa flèche mais pas une autre. Il ne connaissait pas l’elfe mais savait l’habileté de ce peuple en général. Un elfe sur le qui-vive aurait ses chances d’esquiver son trait. Aussi il prit sa décision : Si cela tournait mal, il tuerait l’un des hommes, dégainerait son épée et… Advienne que pourra.

    « Hélas je ne puis te croire. Cette épée a causé la chute d’un homme plus grand que toi. Suis mon conseil, remet la en terre, rebouche cette tombe et laisse au repos ce qui doit être au repos. »

    L’elfe comprit alors que Numenil ne ferait pas gentiment demi-tour. La tension monta d’un cran. Les trois associés se lancèrent un regard et se comprirent. En une demi-seconde, ils dégainèrent leurs armes et fondirent sur Numenil. Les hommes n’avait pas fait trois pas qu’une flèche vint se ficher dans la gorge du premier qui tomba, dans un râle d’agonie. Hélas l’Elfe était extrêmement véloce et la distance trop courte pour que Numenil puisse tirer une seconde fois.

    Abandonnant son arc, le rôdeur dégaina son épée et fonça droit sur l’Elfe. Il n’y avait plus que la rage aveugle dans le regard de l’Eldar et il s’écria « Elle est à moi » tout en attaquant Numenil d’un coup circulaire.

    Heureusement pour le Dunadan, la colère est mauvaise conseillère en combat. Avant même que le coup ne porte, il bloqua le bras de l’elfe avec son propre bras gauche et asséna à son ennemi un violent coup du pommeau de son épée, en plein visage. L’Elfe bascula et se retrouva à terre. Aussitôt Numenil fit deux pas en arrière et se remis en position pour recevoir le second humain qui arrivait à son tour.

    Ce dernier frappa de sa lame et Numenil contra le coup avec sa propre épée. Profitant de son élan il tourna sur lui-même, une fois dos à son adversaire plongea son arme sur son flanc, l’enfonçant profondément  dans le ventre de sa cible. L’homme eut un cri de douleur et resta immobile une demi seconde jusqu’au moment où le Dunadan retira sa lame. Alors l’homme s’écroula, déjà sur le chemin des cavernes de Mandos.

    Puis l’Arnorien fit à nouveau face à l’Elfe qui venait de se relever. Il était toujours en proie à la folie mais bien plus calme et Numenil sut que le plus dur été encore à faire. Il avait certes acquis l’ascendant moral en ramenant l’équilibre du nombre mais les elfes été de redoutables combattants. Bien plus que les vulgaires bandits qui avait été engagé pour la sale besogne. Aussi le brave capitaine tenta de résonner son adversaire.

    « Ami, regarde-toi ! Cette lame fut la chute de Turin et déjà tu es tombé sous son maléfice. Abandonne la maintenant, le sang a déjà suffisamment couler ! Je ne veux point avoir le sang d’un elfe sur les mains ! »

    Il ne répondit pas. La raison l’avait abandonné. Il se jeta sur Numenil, essayant de profiter de sa plus grande taille et de sa meilleure force physique. Les lames s’entrechoquèrent à plusieurs reprises, avec tant de violence que des étincelles en jaillissaient et que Numenil ressentait l’impact des coups jusque dans ses épaules.

    Rapidement ses bras furent douloureux sous les assauts de son adversaire à qui la folie semblait avoir donné des ailes. Les armes virevolter en une danse macabre d’estoc et de taille, sans cesse esquiver ou paré. Puis soudain, le geste du rôdeur ne fut pas assez précis, pas assez vif. Il comprit qu’il n’intercepterait pas la lame ennemie et se déporta pour encaisser le coup du mieux possible. L’épée elfique entailla son armure de cuir et il sentit la morsure froide dans son flanc. Heureusement il avait su se dégager aussitôt et la blessure n’était ni mortel ni totalement incapacitante. Néanmoins un filet rouge jaillit de l’endroit où sa tenue avait cédée. Et il pressa sa main sur son flanc. Le doute le submergea. Etait-il venu ici pour voir sa propre fin ? Serait-il finalement vaincu par cet elfe sous l’emprise d’on ne sait quel maléfice ?

    L’elfe reprit l’assaut et le rôdeur perdit du terrain, reculant chaque fois et parant tant bien que mal en tenant son épée d’une main. Il ne le voyait pas mais chaque pas en arrière le rapprocher de l’immense pierre funéraire et du trou creusé dans la tombe.

    Lorsqu’il n’en fut qu’à quelques mètres, le destin joua son office. L’elfe se jeta comme une hyène venant pour la curée. Numenil se laissa tomber à genoux et, saisissant sa dague, plongea dans les jambes de son adversaire, tailladant la cuisse de ce dernier au passage. L’elfe fut emporter dans son élan et sa jambe blessé le porta plus.

    Il tomba en direction des fragments de Gurthang et Numenil cru voir la scène au ralenti : La seconde moitié de l’épée était étrangement orienter, comme si elle voulait volontairement embrocher le pauvre elfe dans sa chute. Celui-ci vit le morceau de lame droit dans sa direction mais il ne put rien faire. Ainsi Gurthang fit-elle sa première victime en plusieurs millénaires, alors que l’un de ses fragments s’enfoncer profondément dans le poitrail de l’elfe.

    Le rôdeur resta plusieurs secondes coi, ne sachant la s’il y avait juste une malice de l’arme ou un geste d’une divinité. Il s’approcha du corps encore chaud et eut ces mots :

    « Puisses-tu trouver le repos. Je t’avais mis en garde. Voilà que tu es tué par ce qui te brisa. Repose en paix. »

    Puis, rengainant son arme il se mit en quête d’herbe médicinale. Il ne lui fallut que peu de temps pour se confectionner un cataplaste qu’il plaça sur sa blessure. Il survivrait sans nul doute mais ses mouvements seraient douloureux pour quelques temps.

    Ensuite, ramassant une pelle, il entreprit de creuser un trou non loin du mémorial. Les Hobbits arrivèrent à cet instant, ayant cru entendre des bruits de lutte au loin. Il leur raconta rapidement la scène et, tous ensemble, ils finirent le trou et y déposèrent les trois corps. Lorsque la tombe fut terminée, il y planta les armes de ses adversaires en guise de stèle.

    Enfin il s’approcha des morceaux de Gurthang. Elle irradiait encore une certaine puissance magique et Numenil comprit que même brisée, elle était amoindris mais non vaincue. Que devait-il faire ? La logique voulait qu’il la remette en place et rebouche la tombe. Mais les temps s’annoncer sombres et qui sait si un autre comme cet elfe ne viendrait pas, voulant user de l’arme et faisant le mal ? Alors qu’il allait se convaincre de la remettre à sa place, une voix surgit du morceau de l’arme ou été la garde. Une voix froide mais faible, comme celle d’un mourant.

    « Ainsi ai-je un nouveau… Maître. »

    « Nullement, acier de mort. Car ta légende te précède et je te sais traitresse. Aussi te laisserais-je ici, accompagnant ton dernier forfait dans le repos éternel. »

    « Nooon ne me laisse point. Je n’ai nullement trahis. Je me repens depuis des millénaires et me sais pleine de maléfice. Je sens en toi la grandeur des anciens rois. Avec toi pour maître, je ne saurais faire que le bien. Qu’arrivera-t-il si un serviteur du mal s’empare de moi ? »

    A quelques mètres de là, les hobbits étaient stupéfait. Même Hamfast, qui connaissait mainte légende, n’avait pas entendu dire qu’une épée pouvait parler. Mais celle-ci le faisait ! Fredegar balbutia.

    « Mais mais mais… Il est en train de parler à une épée ! »

    « Et moi je parle à un crétin ! Comme quoi nous ne sommes pas tous égaux. »

    Et sur ces mots, Tobias frappa son cousin sur la tête, lui intimant ainsi l’ordre de se taire. Numenil quand à lui, prit une décision.

    « Je mènerais cette épée à Cirdan. Elle fut forgée par les elfes et lui saura quoi en faire. Visiblement, elle ne peut demeurer ici, c’est un trop grand danger. »

    Et retirant son manteau, il enveloppa les fragments à l’intérieur. Puis le groupe repartit en direction de la plage. L’expédition était terminée, il fallait rentrer à Mithlond.

    Le trajet retour fut aussi agréable que l’aller. A nouveau les vents les portèrent là où ils désiraient aller. En quelques jours les Havres gris furent en vue et, lorsqu’il les vit, Cirdan alla à leur rencontre.

    « Quelle nouvelle de Tol Marwen, ami Dunadan ? »

    « De sombres nouvelles je le crains, maître charpentier. »

    Et sur ces mots, il révéla la garde de Gurthang à Cirdan. Celui-ci sembla véritablement surprit et ils s’isolèrent. Alors Numenil lui raconta ce qui c’était passé et pria Cirdan de prendre les fragments et d’en faire ce qu’il voulait. Mais ce dernier refusa.

    « Numenil, fils de Pelendrir, ce n’est pas un hasard si tu fus appeler si loin de chez toi au moment ou un grand péril menacer. Et ce n’est pas un hasard si les vents furent si cléments lors de ton départ alors qu’ils essayèrent d’empêcher ton adversaire d’atteindre son but. Des forces bien au-delà de ta compréhension ont veillé à ce qu’il advienne ce qu’il advint. Tu as désormais la garde de Gurthang et je ne saurais te délester de ce fardeau. Cache la, là ou toi seul pourra la trouver. Au fond d’une grotte ou dans tes propres coffres, à ton aise. Mais tu en es désormais le seul responsable. Ainsi l’a voulu Manwé, j’en suis persuadé. Un grand destin t’attend. Mais avec pareil fardeau, je redoute qu’il soit aussi funeste. »

    Numenil réfléchis alors et répondit :

    « Si c’est là ce que le sage Cirdan pense, alors j’accepte ce fardeau. Et si le sort de l’épée m’incombe, je prends la décision suivante : Je te demanderais de la faire reforger. Et je l’emporterais avec moi au combat afin que l’Ennemi sache qui se dresse face à lui. »

    « C’est là un choix d’un grand courage. Ou d’une grande folie. Mais je me refuse à reforger l’épée. Bientôt je quitterais ces rivages et je ne veux pas intervenir dans le conflit à venir. Elrond s’y refusera aussi, il redoutera trop ce que cela pourrait donner. Si tu veux devenir la réincarnation de Mormegil, que l’ennemi te surnomme toi aussi le Noir-Epée lorsque tu te dresseras face à lui, alors va voir mes cousins sylvains. Eux désirent encore rester ici. Eux désirent encore se battre à vos côtés contre l’Ombre. Thranduil prendra la décision d’accéder ou non à ta requête. Ainsi je parle et ainsi il en sera. »

    Ainsi donc la compagnie reprit la route, alourdit par le fardeau du destin. Ils se quittèrent à Bree : Les hobbits voulurent suivre leur ami rôdeur mais il refusa. Alors, seul et à grande vitesse, il prit la route de la forêt noire, maintenant un rythme que jamais les hobbits n’auraient pu suivre, cavalant jour et nuit, ne s’accordant que les pauses nécessaires à son cheval, mangeant et dormant sur sa scelle.

    Il suivit la Grande Route de l’Est, ne perdant pas même du temps à faire un détour par Amon Rochben. A toute allure on le vit traverser le dernier pont, dépasser les frontières de l’Arnor, s’engager dans les Hauts Col non loin de la vallée d’Imladris, ou il se refusa à aller de peur qu’Elrond n’essaie de le convaincre de ne pas reforger l’épée. Puis il atteignit la route de la Vieille Foret et, contournant les bois, atteignit les limites du royaume des Elfes Sylvains.

    Alors enfin il s’accorda le repos. Cela faisait des semaines qu’il avait quitté Amon Rochben. Mettant pied à terre et guidant son cheval en le tirant par la bride, il entra dans la forêt. Sans doute n’aurait-il pas à chercher très longtemps, les sentinelles de Thranduil était surement déjà au fait de sa présence.


    _________________________________________________________
    Numenil, Fils de Pelendrir. Capitaine des dunedain d'Arnor, protecteur de la Comté, chasseur de Troll.
    Commandant d'Amon Rochben

      La date/heure actuelle est Dim 26 Fév - 11:07