Le Seigneur des Anneaux RPG : L'Âge des Héros

    Carn Dum renaît [quête de reconstruction]

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    Sauron Le Grand

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    Carn Dum renaît [quête de reconstruction]

    Message par Sauron Le Grand le Mar 28 Oct - 22:28


    Le Nazgûl était sorti en trombe de Barad-dûr et s’était directement dirigé vers les écuries, là ou il avait laissé son Pur-Sang Numénoréen Noir. Bousculant violemment les esclaves rattachés aux écuries, il leur dit qu’il ne pouvait attendre une minute de plus, temps les ordres du Maître étaient pressant. Ils s’empressèrent donc de sceller son cheval tandis qu’Adunaphel tournait autour d’eux tel un charognard autour de cadavres. Lorsque sn cheval fût prêt, il monta en selle et le lança à toute allure jusqu’à Minas Morgul. Le paysage noir à l’air putride et nauséabond défila très vite devant ses yeux invisibles et les légions Orcs, Uruks ou Hommes étaient plus d’une fois contraintes de s’écarter à la dernière minute pour laisser passer la furie noire en provenance de la Tour Sombre. Tous se demandaient ce qui pouvait tant hâter le Nazgûl mais de réponses à leurs questions, ils n’en auront que bien plus tard, lorsque la nouvelle les aura atteint de loin.

    Car Minas Morgul n’était pas la destination finale du spectre. Il s’y rendait uniquement pour prendre une monture encore plus rapide que son Pur-Sang Numénoréen Noir. Lorsqu’il mit pied à terre dans la cour principale de la Cité Morte, il jeta les rênes à un esclave Snaga qui s’était approché timidement de lui, prêt à le servir, puis lui dit d’un ton glacial :

    ADUNAPHEL « Prépare mon féroce ailé ; qu’il soit prêt à partir dans l’heure. »

    Sur quoi le Snaga, sans dire un mot, s’inclina jusqu’à terre et s’en alla avec le cheval noir d’Adnuaphel vers les écuries, faisant passer le message à ses semblables afin qu’ils commencent à préparer la terrifiante créature demandée par le Nazgûl. Ce dernier s’était entretemps dirigé vers ses quartiers privés, situés dans l’aile gauche du premier niveau de la cité. En chemin, il croisa Le Sénéchal Noir qui, à en juger par son attitude, se dirigeait sans doute vers les salles de tortures au sous-sol.

    LE SENECHAL NOIR « Quelles nouvelles du Maître ? »

    ADUNAPHEL « Le Maître m’a chargé d’une mission capitale mon ami. Le temps me presse ; il me faut quitter ses lieux au plus vite pour me rendre loin dans le Nord… »

    LE SENECHAL NOIR « Le Nord ? Veux-tu parler là du Royaume d’Angmar, du Royaume de notre Seigneur ? »

    ADUNAPHEL « Précisément. Le Maître est mécontent de son bras-droit… [Il laissa échapper un rire sarcastique] Voilà plusieurs jours maintenant qu’il le somme de s’y rendre mais les autres devoirs du Roi-Sorcier en ces lieux le poussent à retarder toujours plus son départ. Le Maître ne peut se permettre d’attendre un jour de plus. C’est pourquoi il m’a ordonné d’y aller à sa place… et de reconstruire en nom du Roi-Sorcier, l’ancienne capitale de son Royaume que fût Carn Dum.. J’ai encore quelques plans dans mes appartements privés de l’ancienne forteresse du Nord. Il me les faut pour remettre cette cité sur pied. Selon mes informations, il reste encore quelques troupes d’Orques et d’Hommes ténébreux cachés dans le dédale des ruines de Carn Dum. Avec mes plans et mon autorité, car je m’y rends en représentant du Roi-Sorcier et au nom du Maître lui-même, cette cité se relèvera de ses cendres et redeviendra ce qu’elle fût jadis ; la cité la plus imprenable du Nord de la Terre du Milieu ! »

    LE SENECHAL NOIR « Que l’esprit du Maître t’accompagne alors et soit avec toi tout au long de ta quête. Si tu réussis…..je n’ose imaginer ce qui arrivera aux peuples d’Arnor une fois la capitale d’Angmar reconstruite… »

    Adunaphel inclina la tête en signe de reconnaissance envers son frère d’arme et alla chercher les fameux plans dont il avait parlé. Comme il était très ordonné, il ne mit pas longtemps à les trouver et, sans perdre un instant, il redescendit les marches menant au premier niveau de Minas Morgul et se rendit à l’arrière de la cité, là où les féroces ailés se trouvaient. Le sien était prêt, comme il l’avait demandé. Prenant place sur la large selle et saisissant les longues rênes qui le reliait à la gueule de la bête, il prit son envol et disparu dans la noirceur du ciel dans un long hurlement lugubre qui accompagnait le cri du féroce.

    *****************************************************************************************

    Le voyage fût horriblement long et pénible. Pour arriver le plus vite possible à destination, il ne fit aucune pause, volant plus bas de nuit que de jour, du moins jusqu’à ce qu’il atteigne enfin les Monts Brumeux, après une semaine de vol. Il se posa un peu au Sud du Mont Gundabad, histoire de laisser sa monture se reposer un peu. Il n’était plus très loin et il le savait. Là, bientôt, en poursuivant en direction du Nord / Nord-Ouest, s’arrêteraient les Monts Brumeux pour laisser la place aux Monts d’Angmar. C’est au bout de cette chaîne de montagnes aux neiges éternelles que se trouvaient encore les ruines de Carn Dum, sa destination finale. Regardant dans cette direction, il sentit, presque imperceptible pour toute autre créature en Terre du Milieu, le regard de Sauron braqué sur lui. Le Seigneur Ténébreux comptait beaucoup sur la réussite de sa quête et Adunaphel était prêt à tout pour la mener à bien.

    C’est dans cet état d’esprit qu’il se remit en selle et poursuivit sa route. Il arriva trois jours plus tard et se posa devant l’ancien haut et long pont qui menait jusqu’à l’entrée principale de la cité. Il laissa son féroce ailé où il était, sachant très bien que là-haut, sa présence n’éveillerait les soupçons de personne étant donné l’aspect désertique de l’endroit. Désertique ? Non pas tout à fait...

    Plus il approchait de l’entrée, plus il pouvait sentir la présence de créatures grouillantes dans les profondeurs des ruines de Carn Dum. Il avait en effet survolé les ruines trois fois avant de se poser, afin de faire sortir les Serviteurs du Mal de leurs trous, car il savait pertinemment que la cité, bien qu’en ruines, était encore habitée. Il passa la porte principale, seule entrée d’un immense mur protégeant toute la partie extérieure de la cité. Il était en ruines à certains endroits ;Adunaphel les avait déjà repérés. Il se plaça au centre de la cour principale et attendit… Puis d’une voix sifflante mais bien audible, il dit :

    ADUNAPHEL « Je sais que vous êtes là. Montrez-vous ! Je ne suis pas venue ici dans le but de vous tuer. Bien au contraire, je vais avoir besoin de vous… Le Maître en personne, a besoin de vous… »

    Aux seuls mots « Le Maître », il vit surgir des coins sombres des Orques, des Snagas, des Gobelins également, certainement venus des cavernes des Monts Brumeux, et de mauvais Hommes. Bien que la vermine Orc et Snaga était en majorité, il n’en avait que faire et poursuivit son discours :

    ADUNAPHEL « N’en avez-vous pas assez de vivre ainsi reclus dans les ruines d’une cité autrefois si grande ? D’une cité qui faisait trembler toute la vermine d’Arnor rien qu’en prononçant son nom ? L’Arnor…..En ce moment-même, l’Arnor est en pleine reconstruction. Toutes les cités qui jadis virent se déchaîner sur elles la haine du Seigneur des Neufs, qui furent toutes le lieu de célèbres batailles. Allez-vous attendre ainsi encore longtemps ? Jusqu’à ce que l’Arnor soit entièrement sur pied et qu’il décide de venir marcher jusqu’ici ? De résistance, il est clair qu’il n’en trouvera pas beaucoup sur son chemin… Croyez-vous que ces ruines vous protégeront ? Heureusement pour vous, j’apporte de grandes nouvelles et de grands projets. Par-delà les plaines désolées et les montagnes, je suis arrivé aujourd’hui pour vous annoncer une grande nouvelle et pour vous faire parvenir un message qui, j’en suis sûr, vous fera quitter à jamais vos trous lugubres et sombres. »

    Ecartant sa tunique noire, il en sortit doucement, comme s’il tenait la plus précieuse des reliques au monde, un petit parchemin soigneusement roulé. Ceux qui se trouvaient le plus proche du Nazgûl virent le sceau que portait le parchemin et des murmures parcoururent rapidement l’assemblée : « L’Oeil ! Le sceau du Mordor ! » Les murmures se dissipèrent dès qu’Adunaphel eut déroulé entièrement le parchemin, sur lequel on pouvait voir une écriture fine ainsi qu’une signature en bas du texte. Solennellement, Adunaphel le lit en Noir Parlé aux reclus de Carn Dum :

    ADUNAPHEL « Au Peuple d’Angmar,

    qu’il se relève de ses cendres et qu’il reconstruise la grande cité de jadis qu’est Carn Dum. Un tel vestige de l’ancien temps ne peut rester ainsi à l’abandon alors que je nourris de grands projets pour cette région, aussi éloignée soit-elle de mon Royaume. En mon absence ainsi qu’en celle de votre ancien Roi, le Roi-Sorcier d’Angmar, vous devrez tous obéissance au Nazgûl Adunaphel. Il supervisera la reconstruction de l’ancien Royaume de la Magie. Cela commencera à Carn Dum. J’ordonne à présent que chacun d’entre vous se mette à la tâche. Adunaphel a reçu mes ordres et vous répartira dans la reconstruction comme je l’ai ordonné. Travaillez promptement et, dans un mois, Carn Dum sera à nouveau sur pied et l’Arnor tremblera…comme au temps jadis…

    Sauron Le Grand.
    »

    Au nom de Sauron, beaucoup poussèrent des exclamations en Langue Noire et partout dans la foule, de fortes discussions s’entamèrent, toutes tournant autour du Seigneur Noir. Adunaphel remplia le parchemin, le remit soigneusement dans sa tunique et, croisant les mains derrière son dos à la manière de Sauron lui-même, il les laissa parler tandis qu’il se dirigeait vers un groupe de Snaga.

    ADUNAPHEL « Mon féroce ailé a besoin de soin. Je ne partirais pas d’ici avant longtemps, occupez-vous de lui et préparez-moi une pièce dans ces ruines où je puisse me recueillir  et préparer mes plans pour les jours à venir. »

    Les Snagas s’exécutèrent et deux d’entre eux le conduisit dans un endroit encore intact parmi les ruines. Leur donnant l’ordre de le laisser seul, les Snagas se retirèrent non sans lui faire de multiples révérences auxquelles il ne prêta aucune attention. Puis Adunaphel inspecta les lieux et contempla les dernières décorations à moitié estompées que l’on pouvait encore voir ça et là sur les murs de pierres. Adunaphel pensa alors pour lui-même que si ça se trouve, il était en ce moment-même dans les anciens quartiers du Roi-Sorcier, au temps où celui-ci était le plus puissant des Hommes du Nord, au temps où il n’était pas encore tombé sous l’emprise de l’Unique et du Seigneur Ténébreux. Effectivement, ses soupçons se fondèrent lorsqu’il vit d’un peu plus près certains vieux grimoires plein de poussières jonchant le sol dallé de pierres grises et froides. Il en prit un dans les mains et reconnu immédiatement l’écriture du Roi-Sorcier, longue et plate. Tous les livres qu’il trouvait était rempli de cette même écriture, certaines énonçant de sombres incantations, d’autres des récits d’événements qui eurent lieu lorsque le Roi-Sorcier était Roi et Maître de son Royaume.

    Mais plus il feuilletait les livres, plus il se rendait compte d’un changement dans la manière d’écrire du Seigneur des Nazgûls. Son écriture devenait moins fluide, pleine de ratures, illisible même à certains endroits. De ce qu’il arrivait encore à déchiffrer, Adunaphel put comprendre que le Roi-Sorcier commençait doucement à sombrer dans la folie et, que le livre qu’il tenait dans les mains était un des derniers que le Roi-Sorcier avait écrit avant de devenir un spectre servant de l’Anneau. Refermant rapidement le livre, car cela lui rappelait à lui aussi de mauvais souvenirs de sa propre déchéance, il le mit à l’écart et se concentra plus sur ceux qui parlaient de Carn Dum même. Il avait passé la nuit à comparer les récits du Roi-Sorcier avec ses propres plans, tant et si bien que le lendemain, dès les premières lueurs grises du jour, il sortit et rassembla les rescapés dans la grande cour principale.

    ADUNAPHEL « J’ai passé la nuit à étudier récits et cartes, certains écrits de la main-même de l’ancien Roi d’Angmar. Je puis à présent vous dire aujourd’hui comment nous allons procéder pour faire renaître cette cité. Notre travail principal consiste à renforcer dans un premier temps le mur principal, celui qui couvre toute la façade extérieure de la cité. En arrivant, j’ai remarqué que le mur avait beaucoup souffert et qu’en certains endroits, il ne reste plus rien. Ce sera là donc le travail de la grande majorité d’entre vous. Des pierres, il y en a suffisamment dans les montagnes ; vous trouverez donc ce qu’il vous faut pour cela. Pendant ce temps, les Hommes, une vingtaine suffira, vous irez vous occuper de l’intérieur de la cité, principalement de l’état délabré des multiples tours de guêts qui ornent le mur d’enceinte et la cité-même. Bien que les dégâts matériels sont moindres, ces parties-là de la cité nécessitent également qu’on s’y intéresse. Dès que le mur de la façade extérieure sera à nouveau comme autrefois, vous irez vous occuper des sous-sols. J’ai pu lire dans les archives du Roi-Sorcier et sur mes propres plans, que la cité renferme un fabuleux dédale de couloirs sous la cité. Celle-ci est donc surtout construite sous la terre que sur plusieurs niveaux comme Minas Morgul. Fort heureusement, les sous-sols sont quasiment intacts, hormis le pillage des Arnoriens, les dégâts sont moindres qu’à la surface. Vous vous chargerez alors tous d’y remettre de l’ordre, en vous occupant surtout de rendre les salles de tortures et les cachots particulièrement………accueillants….. ]Il laissa échapper un rire mauvais, qui trouva écho parmi la foule et poursuivit :] Si nous procédons ainsi et si nous agissons ensemble, alors le Maître, dans sa grande sagesse, aura vu juste : dans un mois, cette cité sera alors aussi belle qu’autrefois. »

    Il y eut beaucoup d’exclamations et une grande ferveur avait pris la foule, s’y bien que tous se mirent au travail, certes de façon différente. Alors que les Orcs, les Uruks, les Snagas et les Gobelins s’affairaient en masse et de façon désorganisée mais, contre toute attente, relativement efficace, les Hommes, eux, se répartissaient les tâches et se dispersaient en petit groupe un peu partout dans la cité, afin de pouvoir travailler plus rapidement en couvrant plus de zones. Toutefois, aucuns ne se mélangeaient. Aucun Homme n’allaient prêter main forte à un Uruk-haï et inversement. Cette animosité entre les races était toujours là, que ce soit ici, en Angmar, ou en Mordor. Adunaphel supervisait la construction et passait d’un groupe à l’autre, les rappelant à l’ordre ou faisant remarquer un détail qui semblait leur avoir échappé. Il passait un peu plus de temps avec les Hommes, légèrement moins craintifs que les Orcs mais tout aussi impressionné de parler à un Spectre de l’Anneau. Il parlait surtout avec un Homme, un dénommé, Morkol, un Numénoréen Noir qui semblait en savoir énormément sur la cité et qui lui apprit bon nombres de détails utiles pour la suite de la construction. Souvent, même à la nuit tombée, Adunaphel voulait en savoir plus sur la cité qu’il était en train de reconstruire pour le Maître, malgré l’état de fatigue du Numénoréen Noir qui, sans se plaindre par peur des représailles, lui confiait tout ce qu’il savait.

    Un jour, à cause de la fatigue engendrée par les conversations nocturnes du Nazgûl, il fit une mauvaise chute et son crâne alla se briser sur une pierre qui servait à la reconstruction du grand mur d’enceinte.  Ce fût une perte pour Adunaphel car, en plus d’avoir de grandes connaissances sur la cité, il lui semblait que cet Homme était un grand guerrier. Il voyait déjà en lui la possibilité de lui confier un jour les rênes des armées de Carn Dum. Mais cela, il n’en sera jamais le cas. Toutefois, il l’oublia bien vite et se reconcentra rapidement sur ses propres affaires.  Les jours passèrent et avec eux, le mur extérieur commençait, doucement, à reprendre vie. Les failles étaient lentement rebouchées et renforcées. On repava également le haut du mur, afin que des gardes puissent y circuler et ainsi mieux inspecter les alentours. Les tours de guêts, elles aussi, renaissaient doucement mais sûrement. Les dégâts passés étaient lentement effacés, les meurtrières étaient refaites là où elles en avaient le plus besoin et le haut des tours reconstruits dans la ligne des Tours des Dents de Morannon pour que, même en Angmar, l’on sache que jusqu’ici, le Mordor a son influence.

    L’autre tâche d’Adunaphel était de se mettre en quête d’une personne de confiance pour gérer la future cité en son absence. Il savait pertinemment qu’il devrait parfois s’absenter pour rejoindre le Maître ou pour toute autre tâche qu’il jugerait nécessaire. Il ne pouvait certes pas laisser la cité reconstruite aux mains de créatures sans cervelles. Le seul qu’il aurait pu voir dans ce rôle était Morkol. Les circonstances étant ce qu’elles sont, il lui fallait à présent trouver quelqu’un d’autre pour assurer l’intendance en son absence. C’est ainsi qu’après avoir supervisé les premières étapes de la reconstruction, à présent, lorsqu’il se rendait d’un atelier à l’autre, ce n’était plus pour y donner ses ordres, mais pour observer la façon dont ils se comportaient entre eux. Au fil des jours, deux créatures s’étaient révélées à ses yeux : un Uruk-haï particulièrement grand et imposant, surpassant en taille et en musculature tout ses congénères (sans parler des Orcs, Snagas et autres Gobelins) ainsi qu’un Numénoréen Noir, filiforme, parlant peu mais dont la seule présence incitait au respect de tout ses semblables à son égard. Son choix allait donc se porter sur l’un de ces deux créatures. Après presque trois semaines de travaux quasi-ininterrompu sur la façade extérieure, celle-ci était à nouveau entièrement sur pied et avait retrouvé sa puissance d’autrefois. Les tours étaient également prêtes et les couloirs, les escaliers menant à leurs sommets étaient à présent libres et nettoyés de tout les débris des temps passés. L’on pouvait dire qu’on circulait à nouveau normalement dans la cité. Les quartiers généraux avaient été établis au sommet de la tour principale centrale. Ils avaient été aménagés de façon à pouvoir accueillir le Maître des lieux qu’est le Roi-Sorcier. Mais en l’absence de celui-ci, ces grandes et froides pièces sombres seront le repère d’Adunaphel, et lorsque lui-même sera absent, elles seront les quartiers de Shaldor. Car tel était le nom du Numénoréen Noir inquiétant qu’avait repéré Adunaphel. Il l’avait préféré lui à l’Uruk-haï qui, malgré sa carrure plus qu’impressionnante, n’avait pas beaucoup de jugeote et préférait les règlements de compte rapides et brutaux aux lentes et fascinantes tactiques de tortures du Mordor. A présent que la partie extérieure était terminée, il fallait s’occuper de la partie souterraine et de son dédale de couloirs.

    Adunaphel ordonna donc que l’on démontât les échafaudages qui avaient servit à la reconstruction de la façade extérieure puis de terminer le réaménagement des pièces, cachots et autres salles peu accueillantes que renfermait le sous-sol de Carn-Dum.Ce n’était pas aisé de travailler sans aucune lumière extérieure, bien qu’en Angmar, le soleil n’était pas au rendez-vous tous les jours. Les travaux durent s’effectuer à la lumière de torches, ce qui était souvent insuffisant pour voir les plus petits détails qui pourraient être source de problèmes, comme un gons mal vicé ou une chaîne mal attachée au mur qui était censée tenir les prisonniers tranquilles en attendant l’heure de leur supplice dans l’une des salles de torture. A force d’explorer tout les coins et les recoins des couloirs souterrains, Adunaphel découvrit une pièce particulièrement sombre dans laquelle venait d’on ne savait où un souffle d’air froid. Hélant un esclave Snaga qui passait par là, il lui ordonna d’aller chercher une torche et de voir d’où venait ce souffle froid alors que la pièce semblait des plus hermétiques. S’écartant pour le laisser passer avait sa torche – stupide crainte du feu ! – le Snaga pénétra dans la pièce et, au bout de quelques secondes, le Snaga disparût avec sa torche dans un long cri. Alerté par le bruit, plusieurs de ses semblables vinrent à l’endroit où ils avaient entendu leur camarade crié. L’un d‘eux vint à l’encontre d’Adunaphel et lui dit que le souffle d’air froid vient du sol de la pièce, celle-ci contenant un énorme trou d’une infinie noirceur duquel on ne pouvait voir le fond. Adunaphel se dit pour lui-même :« Pourquoi ne pas utiliser cela en guise d’oubliettes ? Cela serait parfait pour se débarrasser des prisonniers devenus encombrants une fois toutes leurs informations en notre possession. Ce trou doit être creusé dans les profondeurs-même de la montagne. Il doit certainement y avoir de sombres et perfides créatures qui se chargeront bien d’éliminer ce qu’il restera d’eux… »Sans plus attendre, il décréta que cette pièce ferait office d’oubliettes et ordonna que l’on forgea une grille de fer que l’on puisse poser sur la bouche béante du trou afin d’éviter qu’un Orc maladroit ne tombe lui-aussi dans les entrailles du monde. Ce fût là les dernières corrections apportées à la reconstruction de Carn Dum. Quelques jours plus tard, la cité était définitivement prête et tout les survivants de ce dur labeur (car il y eut des morts, certains par accidents, d’autres du fait des durs conditions de travail) fêtèrent à leur manière bruyante la fin de la reconstruction de la capitale d’Angmar.

    Adunaphel les laissa à leur joie et demanda à ce qu’on prépare son féroce ailé. Il ne s’apprêtait pas à repartir pour le Mordor, n’en ayant pas encore reçu l’ordre de son Maître, mais il voulait observer le travail finit vu du ciel. Une heure plus tard, il fut en selle et s’élança dans les cieux. Il fit plusieurs fois le tour de la cité et, vu d’en-haut, il était plus que satisfait du résultat. Carn Dum avait réellement retrouvé sa grandeur d’autrefois, telle qu’il l’a voyait sur ses plans et telle qu’elle était décrite dans les manuscrits du Roi-Sorcier qu’il avait trouvé à son arrivée. Nul doute que sa remise sur pied allait donner à l’Arnor de quoi s’inquiéter, mais il était une personne en Terre du Milieu qui devait encore en être informé. Dans une longue plainte stridente, il s’éloigna un peu de la forteresse d’Angmar et alla se poser sur l’un des Monts d’Angmar, au point le plus culminant qu’il put trouver. De là-haut, il tourna son regard vers le Sud-Est et se concentra. Il n’était pas simple de communiquer avec le Seigneur Ténébreux d’aussi loin, mais le temps lui avait fait gagner en expérience et il savait qu’avec un peu de patience et de persévérance, il finirait par pouvoir communiquer avec Lui. Après plusieurs minutes qui lui semblèrent une éternité, il sentit sur lui un regard ; il savait alors que le Maître l’observait. Alors il lui fit part de sa bonne nouvelle, que les travaux étaient terminés dans les temps, comme il l’avait estimé, et qu’il était heureux que la cité du Nord soit à nouveau sur pied. A cela, il n’y eut pour toute réponse qu’une simple phrase, accompagnée d’un sentiment de satisfaction :

    SAURON LE GRAND « Attendez mon signal ».

    ADUNAPHEL « Bien Maître »

    Puis il se remit en selle et s’en retourna vers Carn Dum, dans ses quartiers privés. Se mettant près de la plus grande ouverture de la pièce donnant sur la cour principale et sur le reste des vastes étendues montagneuses et froides du Royaume d’Angmar, il laissa son regard et son esprit divagués vers le Sud et vers l’Arnor. « Attendez mon signal », avait-Il dit. Les projets du Maître pour cette région pourtant si éloignée du Mordor étaient assez surprenants. Nul doute que quelqu’un a du attiré son attention en Arnor, certainement leur nouveau Roi ayant récemment accédé au trône… Il avait eu vent de la reconstruction progressive de ce Royaume et il était clair que cela ne pouvait continuer ainsi aussi tranquillement. Adunaphel n’avait à présent plus qu’une hâte : montrer au peuple d’Arnor n’ayant pas connu la puissance d’autrefois du Royaume d’Angmar, ce dont il était capable et, surtout, que le nom de Carn Dum soit à nouveau aussi redouté et craint que celui de Dol Guldur, de Minas Morgul ou pire encore, de Barad-dûr. La puissance du Mordor ne pouvait uniquement se cantonner à l’Est. Il fallait que le bras du Seigneur Ténébreux s’étende déjà bien au-delà des Monts de l’Ombre. A présent, grâce à cette reconstruction, c’était chose faite et le début d’une nouvelle aire empreinte de terreur et d’insécurité allait commencer dans l’Ouest. Mais comme l’avait dit le Maître : « Attendez mon signal »…

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